Le marché immobilier français en 2025 se lit à travers trois curseurs : les taux de crédit, la réglementation énergétique et les dispositifs d’aide à l’achat. Chacun a bougé depuis janvier, et pas toujours dans le même sens. Mesurer l’ampleur de ces mouvements permet de situer un projet d’achat, de location ou d’investissement par rapport aux conditions réelles du moment.
Taux, DPE et PTZ : tableau comparatif des changements en 2025
Trois réformes entrées en vigueur cette année modifient directement le calcul d’un projet immobilier. Le tableau ci-dessous résume ce qui a changé et la date d’application.
| Mesure | Situation antérieure | Situation 2025 | Date d’effet |
|---|---|---|---|
| Prêt à taux zéro (PTZ) | Réservé au collectif neuf, zones tendues principalement | Élargi aux maisons neuves, toutes zones géographiques | 1er avril 2025 |
| DPE et location (logements G) | Logements G louables sous conditions | Logements G exclus des critères de décence pour tout nouveau bail, renouvellement ou tacite reconduction | 1er janvier 2025 |
| Location touristique (meublés non classés) | Abattement micro-BIC et seuil plus favorables | Abattement forfaitaire réduit, seuil micro-BIC abaissé (loi Le Meur du 19 novembre 2024) | Revenus perçus à partir de 2025 |
Chaque ligne du tableau touche un profil différent : primo-accédant, bailleur longue durée, investisseur en location saisonnière. L’intérêt est de voir que ces évolutions ne convergent pas toutes vers un assouplissement. Le PTZ s’élargit, mais la fiscalité de la location courte durée se durcit. Suivre les actualités de Mon Projet Immo aide à repérer ces arbitrages au fil des mois.

PTZ élargi aux maisons neuves : ce que cela change pour les primo-accédants
Depuis le 1er avril 2025, le PTZ finance l’achat d’une maison neuve quelle que soit la zone. Les ménages qui cherchaient un terrain en zone rurale ou périurbaine accèdent à un levier de financement qui leur était fermé.
L’effet concret porte sur le plan de financement. Le PTZ couvre une fraction du prix sans générer d’intérêts, ce qui réduit le coût total du crédit et améliore le taux d’endettement présenté à la banque. Pour un primo-accédant dont le dossier était limite, cette marge supplémentaire peut faire basculer une décision de prêt.
Le changement de périmètre géographique est le point à retenir. Avant cette date, les zones détendues étaient largement exclues du dispositif pour le neuf individuel. Les projets de construction hors grandes agglomérations bénéficient désormais du même avantage.
Interdiction de louer un logement classé G : conséquences pour les bailleurs
Depuis le 1er janvier 2025, un logement dont le DPE affiche la lettre G ne répond plus aux critères de décence énergétique. L’interdiction ne se limite pas aux nouveaux baux : elle s’applique aussi au renouvellement et à la reconduction tacite d’un bail en cours.
Pour un propriétaire bailleur, la question n’est plus de savoir si la rénovation énergétique valorise le bien. Sans travaux, le logement classé G ne peut tout simplement plus être loué. L’enjeu passe de la rentabilité à la légalité.
Points de vigilance pour les propriétaires concernés
- Vérifier la date du DPE en cours : un diagnostic réalisé avant la réforme de la méthode de calcul peut donner un résultat différent avec le nouveau référentiel.
- Anticiper le calendrier pour les logements classés F, qui seront concernés par une échéance similaire dans les années à venir.
- En copropriété, les travaux d’isolation ou de chauffage collectif dépendent du vote en assemblée générale, ce qui allonge les délais et limite la marge de manoeuvre individuelle.
Le calendrier réglementaire crée une pression à court terme sur le segment des passoires thermiques. Les transactions sur ces biens se négocient souvent avec une décote, mais le montant des travaux de rénovation reste le vrai paramètre à chiffrer avant d’acheter ou de conserver.

Location touristique et loi Le Meur : la fiscalité des meublés non classés se resserre
La loi du 19 novembre 2024 a modifié le régime fiscal applicable aux locations de courte durée pour les meublés de tourisme non classés. L’abattement forfaitaire sous le régime micro-BIC a été réduit, et le seuil de chiffre d’affaires donnant accès à ce régime a été abaissé.
En pratique, un propriétaire qui louait un appartement sur une plateforme type Airbnb avec le micro-BIC paiera davantage d’impôts sur les revenus perçus à partir de 2025, sauf s’il fait classer son logement en meublé de tourisme. Le classement du logement devient un levier fiscal à comparer poste par poste.
Arbitrages à poser avant de choisir le type de location
La comparaison entre location longue durée et location saisonnière se recalcule. Le rendement net de la courte durée baisse mécaniquement avec un abattement réduit, tandis que la location classique conserve son cadre fiscal habituel.
Les communes disposent aussi de nouveaux outils pour encadrer la location touristique : limitation du nombre de jours autorisés, adaptation des règles d’urbanisme. La rentabilité d’un meublé non classé dépend désormais autant de la fiscalité nationale que des règles locales.
Un propriétaire qui hésite entre les deux formules a intérêt à simuler le résultat net après impôt dans les deux scénarios, en intégrant les charges de gestion, la vacance locative et le coût éventuel du classement.
Le marché immobilier en 2025 ne se résume pas à une tendance unique. Le PTZ élargi ouvre des portes, l’interdiction de louer les logements G en ferme d’autres, et la fiscalité de la location saisonnière redistribue les cartes pour les investisseurs. Le dénominateur commun reste le même : chaque projet gagne à être recalculé avec les paramètres à jour plutôt qu’avec les repères de l’année précédente.



