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OCEANS, LA FIN D'UN MONDE ? - Provence Durable - n°4 - été 2015

3,50 €

Sommaire: 

Au sommaire de ce numéro

Échos d'ici et d'ailleurs

La vie du réseau

Vagabondages.... Ex-Fralibs, le pari du tilleul des Baronnies..... Se loger et se relever

Dossier.... Sauvera-t-on enfin les océans ?

Un temps avec.... Jean-Louis Étienne : « rallumer l’espoir »

Territoires... Avignon cherche sa transtion

Controverse... Pour ou contre le jeûne ?

Lumières... André Bucher : « après l’heure ... c’est encore l’heure ! (si on le désire vraiment) »

Société... Sale temps pour la culture

En pratique... Maison à échanger

À faire cette saison... À table - Au jardin

Initiatives... « l’happy-culture » du travail.... Vendre des Paniers de nos vallées ... L’écoconception se fond dans le décor ... Ressourcerie du Comtat, ne jetez plus vos déchets !

Éco-Club... Rubrique d'expression citoyenne

Portrait de militant... Jean-Paul Jaud, résolument engagé

Carnet de balade... Sur les traces du berger Albert

Art et culture

Sur la toile

Sortons !

Carnet d’adresses

Édito: 

Protéger l’Océan et sa biodiversité exceptionnelle, pour protéger notre environnement et contenir le dérèglement climatique en cours. Car le plancton, qui vit à la surface des océans (et absorbe la grande majorité de notre CO2 en excès), est l’un des premiers maillons de la chaîne alimentaire de l’Océan. Tous les animaux vivant sous l’eau se nourrissent de ce chaînon indispensable à la vie. Il faut donc le préserver à tout prix. Autrement dit, biodiversité et climat sont intimement liés, comme le clame Hubert Reeves à chacune de ses conférences. Voilà le message envoyé par tous les scientifiques et lanceurs d’alerte, dont l’explorateur Jean-Louis Étienne, à la veille de la COP21, la tant attendue conférence de Paris, fin décembre, où un accord mondial sur le climat est plus que souhaité. Pour l’heure, les océans continuent d’absorber nos gaz à effet de serre. Mais jusqu’à quand ? Car la capacité d’absorption des mers du Globe n’est pas infinie. Et tous les climatologues, dont Jean Jouzel, le vice-président du conseil scientifique du Giec, le crient haut et fort : « Attention à ne pas saturer les océans ! » Car si les mers devaient rejeter tout leur CO2 dans l’atmosphère, alors ce serait l’emballement climatique. Fort heureusement, nous n’en sommes pas là. L’homme a toutes les solutions en main pour maîtriser cet épineux problème du dérèglement climatique, en considérant davantage ses colocataires de la Planète.

La rédaction de Provence Durable magazine

Actualités

Le déclin des océans met en péril la sécurité alimentaire de l’humanité

Il est urgent d’agir ! Publié ce jour, le Rapport Planète Vivante Océans du WWF tire la sonnette d’alarme. Tenant un rôle critique en matière de sécurité alimentaire, les populations de poissons connaissent un tel déclin à l’échelle mondiale que certaines risquent de s’effondrer. Le rapport du WWF estime cependant qu’il est encore temps d’agir contre les menaces pesant sur les océans pour inverser la tendance : des solutions existent et nous les connaissons.

Des stocks de poissons en déclin

Les populations d’animaux marins (mammifères, oiseaux, reptiles et poissons) se sont contractées en moyenne de moitié sur la planète au cours des quatre dernières décennies. Certaines ont même vu leur effectif fondre de près de 75 % et les espèces les plus prisées comme le thon, le maquereau et la bonite subissent le déclin le plus marqué. Si ces conclusions constituent une mauvaise nouvelle pour toutes les nations, elles le sont plus encore pour les plus exposées, notamment les populations côtières dépendant entièrement des produits de la mer.

« En l'espace d'une seule génération, les activités humaines ont gravement dégradé les océans en capturant les poissons à un rythme supérieur à celui de leur reproduction et en en détruisant les nourriceries. De profonds changements sont indispensables si l’on veut rétablir l’abondance de la vie océanique pour les générations futures », explique Isabelle Autissier, Présidente du WWF France.

« Ce à quoi nous assistons, est une course au poisson qui pourrait bien se terminer par l’épuisement d’une source alimentaire vitale pour les individus et par la disparition d’un moteur économique majeur. L’effondrement des écosystèmes océaniques est en mesure de déclencher une grave crise économique et de compromettre les résultats de la lutte que nous menons pour éradiquer la pauvreté et la malnutrition », prévient Marco Lambertini.

Le rapport révèle un déclin de 49 % des populations marines entre 1970 et 2012. Effectuée sur une base d’observation de 5 829 populations appartenant à 1 234 espèces, l’analyse s’appuie sur une série de données près de deux fois plus riche que celle des analyses passées et dresse ainsi un tableau plus clair, mais aussi plus inquiétant de l’état des océans.

Le rapport met aussi en évidence le déclin prononcé des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers marins qui accueillent nombre d’espèces de poissons et rendent de précieux services aux populations. Les récifs coralliens et prairies sous-marines pourraient ainsi disparaître du globe d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique. Sachant que plus de 25 % de toutes les espèces marines en sont les hôtes et que près de 850 millions de personnes bénéficient directement de leurs services économiques, sociaux et culturels, la perte des récifs coralliens représenterait une extinction catastrophique, aux conséquences dramatiques sur les communautés.

Si la surexploitation apparaît comme la première menace pour la biodiversité océanique, l’étude estime que le changement climatique est également à l’origine de mutations océaniques plus rapides qu’à n’importe quelle autre époque depuis des millions d’années. L’élévation des températures et de l’acidité des océans, attribuable au dioxyde de carbone, aggrave les impacts négatifs de la surpêche et des autres grandes menaces, telles la dégradation des habitats et la pollution.

« Bonne nouvelle tout de même : des solutions existent et nous les connaissons. L’océan est une ressource renouvelable capable de répondre aux besoins de toutes les générations futures si les pressions auxquelles il est exposé sont efficacement atténuées », précise Isabelle Autissier. « Si nous respectons des limites, l’océan contribuera pleinement à la sécurité alimentaire, aux moyens d’existence, aux économies et à nos systèmes naturels».

Que pouvons-nous faire ?

Les principales mesures visant à préserver les ressources océaniques consistent à sauvegarder et à reconstituer le capital naturel marin, à consommer plus raisonnablement et à donner la priorité au développement durable.

Pour inverser cette triste tendance, les dirigeants du monde entier doivent se mobiliser et faire en sorte que la santé des océans et la préservation des habitats côtiers tiennent une place de premier plan dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable de l’ONU, officiellement approuvés à la fin du mois (Agenda 2030 pour le développement durable) et dont l’objectif réside dans la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la sécurité alimentaire. Il est essentiel que l’application politique et financière de l’agenda remédie à la destruction des habitats, à la surpêche, à la pêche illégale et à la pollution marine.

En début d’année, le rapport du WWF: Aires marines protégées, un bon investissement pour la santé des océans, montrait ainsi tout l’intérêt environnemental mais également économique d’un accroissement des AMP à l’échelle internationale pour protéger les actifs océaniques. L’étude démontrait  ainsi que  chaque dollar investi dans la création d’aires marines protégées peut tripler les bénéfices qui en sont retirés, notamment en matière d’emploi, de protection côtière et de pêches. L’analyse révélait enfin que la protection accrue des habitats critiques, si elle devenait effective, se traduirait par des bénéfices nets compris entre 490 et 920 milliards d’US$ au cours de la période 2015-2050.

Les décisions prises lors de la conférence mondiale pour le climat se tenant à Paris dans quelques semaines auront un impact décisif sur l’avenir des océans. Or les engagements internationaux existants sont très loin de suffire à éviter des niveaux de réchauffement et d’acidification jugés désastreux pour les systèmes océaniques dont, en fin de compte, nous dépendons tous.

Pour en savoir plus :  

Plus d'infos également sur le Provence Durable d'été, avec un dossier spécial sur les océans. En kiosque et dans le réseau alternatif jusqu'au début de semaine prochaine !

Retrouvez ici les points de vente du magazine

"Rallumer l'espoir" Jean-Louis Etienne

Jean-Louis Étienne est médecin, spécialiste en nutrition et biologie du sport. Cet ancien directeur de l’Institut Océanographique de Monaco a mené de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie. En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire. En 2010, il réussit la première traversée de l’Océan Arctique en ballon. Il vient de sortir Persévérer, aux éditions Paulsen, une ode au courage !

Quels rôles jouent les océans dans la régulation du climat ?

En lien avec l’atmosphère, l’Océan gouverne le climat. Il joue le rôle de tampon thermique, de régulateur. Il distribue également la chaleur et en absorbe de grandes quantités. Ainsi, 93 % de l’excès de chaleur est absorbé par l’Océan. Conséquences : la montée du niveau de la mer (3,2 mm par an), l’érosion des côtes ou la submersion des villes basses. C’est encore un formidable puits de carbone car le CO2 se dissout dans la mer et le phytoplancton (des algues microscopiques), par photosynthèse, absorbe ce CO2. C’est le départ de la vie. Or un excès de CO2 dans l’eau conduit à l’acidification des océans. Ce phénomène menace la vie calcaire. Pour préserver le climat, il faut donc protéger l’Océan ! Dont la faune et la flore marines. En effet, l’homme a besoin de l’ensemble du vivant pour réussir cette tâche colossale. Autrement dit, l’homme doit organiser une co-évolution avec la nature, pour protéger la biodiversité marine.

À l’heure du dérèglement climatique, comment se porte l’Océan Arctique ?

À l’échelle planétaire, le constat est sans appel : + 0,8°C de hausse moyenne en 100 ans. Si cette hausse ne nous apparaît pas perceptible pour l’instant, elle est pourtant bien réelle, comme si la terre avait une légère fièvre. Les régions polaires – dont l’Arctique – en sont les premières affectées. Illustration : cette région est en train de changer de couleur. Avant, son Océan était recouvert par la glace durant la grande majorité du temps et se teintait de blanc. Désormais, la neige arrive plus tard, repart plus tôt. Par conséquent, la banquise se réduit. Il y a de plus en plus de zones sombres ; provoquant un moindre réfléchissement solaire. Quant au permafrost, ce terrain gelé, il est affecté lui aussi. Il fond de plus en plus, en libérant une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane, les fameux gaz à effet de serre. Là-bas, on assiste à une accélération du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne qui a atteint jusqu’à 4°C en 60 ans ! C’est le phénomène d’emballement climatique. Lors de vos conférences, vous dites : « Nous avons laissé la porte du frigo ouverte », estce bien de cela dont il s’agit à présent ? Oui ! Et cette quantité de froid va manquer à équilibrer la chaleur tropicale. En médecine, on commence maintenant à parler de complications dues à une fièvre chronique, en lien avec le dérèglement climatique. Et des conséquences bien visibles : plus de cyclones, davantage de pluies diluviennes, de phénomènes extrêmes… Plus ça chauffe sur l’Océan et plus il y a d’évaporation et de précipitations. D’une certaine manière, nous observons aussi une accélération du cycle de l’eau. Ainsi, une hausse de la température en mer, proportionnelle au réchauffement, conduit à plus de cyclones et de tempêtes tropicales, comme aux Antilles où ces derniers surviennent par la libération brutale et massive de cette chaleur accumulée à la surface de l’Océan.

Êtes-vous inquiet pour la planète, pour l’homme ?

Je suis réaliste plus qu’inquiet. Le climat a une inertie colossale. Il faut donc agir tout de suite pour réduire l’impact du changement et ses conséquences. Si l’on suit les préconisations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), qui consistent à limiter au maximum à + 2°C en moyenne le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle, alors il convient de laisser 75 % des ressources fossiles dans le sol. J’ai malheureusement bien peur que cela soit très compliqué à court terme. En Europe par exemple, la Pologne produit 93 % de son électricité par le charbon… Leur dire d’arrêter net serait par ricochet couler le pays. D’où l’importance de la transition à mettre en oeuvre. Car chacun doit prendre sa part et se tourner vers les énergies renouvelables. Celles-ci ne représentent que 20 % du mix énergétique dans le monde. Dès à présent, les économies d’énergie sont le gros levier d’action. Peu de gens ont conscience de l’importante quantité d’énergie qu’ils consomment au quotidien. J’ai fait de nombreuses expéditions durant lesquelles on rationalisait l’énergie… C’est lorsque nous n’avons plus d’énergie abondante que nous prenons conscience de l’importance de ne pas la gaspiller !

Retrouvez la suite de l'interview dans le Provence Durable N°4 été 2015

COP 21 : les mesures proposées par le Réseau Action Climat pour la France

"La France a une responsabilité particulière en tant que président et hôte de la COP21. Cette responsabilité ne s’arrête pas à sa capacité à faciliter des négociations internationale " indique le Réseau France Action Climat dans un communiqué daté du 3 septembre. La fédération d'ONG de lutte contre les changements cliamtiques demande au Gouvernement de "prendre des mesures exemplaires au niveau national". Dans un document récent, l'association propose 5 mesures sur lesquelles agire prioritairement :

Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et fixer un cap à 100% d’ici à 2050

- Charbon : Mettre fin à la pollution d’État

- Adopter une taxe sur les transactions financières pour le climat et la santé

- Du signal-prix carbone à l’adoption d’une réelle contribution climat-énergie

-  Rendre accessibles à tous les solutions de mobilité alternatives à la voiture

Retrouvez toutes ces propositions détaillées sur le site du Réseau Action Climat. 

La Cop21 financée grâce au greenwashing ?

Renault, EDF, ou encore Air France et BNP Paribas... Plusieurs grandes entreprises ou groupes français participent au financement de l’organisation de la Conférence sur le climat des Nations Unies de Paris (COP21) à la fin de l’année. Des partenariats « incompatibles » avec les enjeux de l’événement pour plusieurs ONG et militants écologistes.

196 délégations et plus de 40 000 participants sont attendus à Paris lors de la COP21 (Conférence des Nations Unies sur le changement climatique), du 30 novembre au 11 décembre 2015. Une « réception » qu’il faut bien financer. Le gouvernement dispose d’une enveloppe de 165 millions d’euros pour organiser l’événement et, rigueur budgétaire et loi de Finance obligent – pas un cent de plus. Or, le coût total de la manifestation est évalué à 187 millions d’euros.

Une conférence « sponsorisée » par Ikéa

Pour financer les 20 % restants, le gouvernement a eu la bonne idée de faire appel à des sponsors. Laurent Fabius a déjà révélé le nom des vingt premiers partenaires privés de la COP21. Parmi eux, on trouve des sociétés d’assurance (Axa, Generali...), des banques (BMP-Paribas, Caisse des dépôts) et de grands groupes comme les Galeries Lafayette ou Ikéa. Il n’en fallait pas plus pour faire crier les ONG au greenwashing. D’autant que plusieurs sponsors sont de grandes entreprises du secteur de l’énergie comme EDF, ERDF et Engie. Mais aussi des sociétés du secteur de l’automobile (Renault Nissan) et des transports (Air France, La Poste). On a connu plus « vert »...

Des entreprises « climato-incompatibles »

Le 27 mai dernier, plusieurs associations (Attac, 35.org, Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre, WECF) ont réagi a cette annonce en publiant un communiqué commun. La liste des mécènes de la COP21 « comprend des multinationales françaises qui ne sont pas compatibles avec le climat », ont indiqué ces organisations. Pascoe Sabido, représentant du Corporate Europe Observatory, assure qu’on ne peut pas « négocier un accord sur le climat avec ceux qui sont responsables du changement climatique ». D’aucuns soulignent l’incohérence de voir figurer EDF sur la liste des partenaires. « Quand on contribue au développement du nucléaire, on est dans le crime intergénérationnel ultime », tempête Jean-Paul Jaud, réalisateur du film Libres ! « Si EDF enclenche un vrai processus de désengagement nucléaire, il pourrait être associé à l’événement. Mais ça n’est pas le cas aujourd’hui. »

Plus d’infos :

www.amisdelaterre.org/Non-Les-sponsors-prives-de-la.html

 

Amendement sur le gaspillage alimentaire : la responsabilité de la grande distribution pointée du doigt

© Fotolia 

Alors que Ségolène Royal reçoit ce jeudi 27 août les représentants de la grande distribution, dans le texte ci-dessous, France Nature Environnement pointe du doigt la resposabilité de ce secteur en matière de gaspillage alimentaire. 

Il faut réduire à la source le gaspillage dans le champ, à l’usine, dans les hypermarchés, dans les restaurants et pas seulement chez le citoyen. Le gaspillage alimentaire est un scandale social, environnemental et économique. Le consommateur est le seul à assumer le coût du gaspillage qui est répercuté sur le prix des produits. Si demain ce gaspillage disparaissait, les prix baisseraient et le bio serait accessible à tous. Aussi, FNE salue l’adoption à l’unanimité de l’amendement portant sur le gaspillage alimentaire qui pointe la responsabilité de la grande distribution. Cette loi devrait permettre de lever le voile sur la répartition du gaspillage entre agriculteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs et citoyens. L’objectif de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire à horizon 2025 est entériné. La distribution du gaspillage ne peut pas constituer l’unique solution. Il y a trop à distribuer !

France Nature Environnement 

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

Paca : la qualité de l'air toujours insuffisante

La mauvaise qualité de l’air dans les zones urbaines de Provence est souvent pointée du doigt par organismes sanitaires et associations. Ces dernières mettent l’accent sur l’information du grand public face aux pollutions de l’air intérieur et extérieur, via des opérations de sensibilisation.

600 000 personnes décéderaient prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air en Europe. C’est ce que révèle une étude édifiante de l’Organisation Mondiale de la Santé publiée le 28 juin dernier. Dans ce contexte, la région Paca n’est pas en reste. L’organisation Air Paca observe que plus de 500 000 personnes respiraient en 2013 un air qui ne « respecte pas les normes européennes sur leur lieu de résidence ». Et ce particulièrement dans le département des Bouches-du-Rhône qui est responsable de plus de la moitié des émissions de polluants atmosphériques de la région.

« Rendez-nous notre air ! »

Depuis plus d’un an, France Nature Environnement Paca a pris le problème à bras le corps en lançant diverses opérations de sensibilisation du grand public au danger que représente la pollution de l’air. Dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, les départements les plus urbanisés de la région, l’association décline, depuis un an, une campagne nationale intitulée « Rendez-nous notre air ». « Nous sensibilisons les personnes avec un stand installé sur les marchés, les salons... », explique Damien Nicolas, directeur de FNE 13. Les gens sont informés sur les dangers de la pollution. Et découvrent des actions à mener pour agir, à leur niveau, pour l’amélioration de la qualité de l’air : ne pas trop mettre de pesticides sur les plantes de son balcon, ramoner sa cheminée pour éviter la diffusion de particules fines, se mettre à la bicyclette... 

Une maquette pour identifier les polluants 

Mais FNE Paca se préoccupe aussi de l’air intérieur. L’association sillonne ainsi les écoles et les foires avec une maquette de maison. « C’est un support qui permet d’expliquer où se trouvent les principales pollutions dans une habitation », précise Damien Nicolas. Des animations à retrouver notamment au salon Artemisia à Marseille, du 23 au 25 octobre prochains.

Plus d'infos :

www.fnepaca.fr et www.fnepaca.fr/la-maison-du-bon-air_337.php

 

Docteur Lionel Coudron : « Le jeûne a des effets stimulants »

Le docteur Lionel Coudron est un médecin qui pratique le yoga depuis plus de 40 ans. Il enseigne cette technique dans une perspective thérapeutique dans le cadre de l’institut de yoga thérapie qu'il dirige à Paris. Nutritionniste diplômé, il est aussi un promoteur de la pratique encadrée du jeûne. Interview.

Retrouvez des arguments de spécialistes pour ou contre la pratique du jeûne dans le dernier numéro de Provence Durable.

Quels sont les bénéfices du jeûne pour le corps et l'esprit ? Pourquoi jeûner ?

Le jeûne peut avoir des bénéfices pour la santé et le bien être. C'est un peu comme si l'on pouvait reconfigurer la machine et du coup il y a des corrections sur les pathologies inflammatoires et de surcharge comme le syndrome métabolique, les trouves cardio-vasculaires etc.On en ressort en général d'un jeûne en pleine forme y compris sur le plan psychique. Lorsque l'on jeûne, il y a une utilisation des grasses et cela produit des "corps cétoniques" qui ont un effet à la fois stimulant sur le plan psychique et qui calme la faim (anorexigène); ce qui fait que l'on ne sent pas la faim et que l'on se sent bien.Cependant, il existe des contre-indications. 

Justement, comment jeûner ? Dans quelles conditions ? A quoi faut-il être vigilant ?

Pour jeûner, il faut... arrêter de manger. Ce n'est pas plus difficile. Il faut respecter les contre-indications et il faut boire suffisamment (eau minérales, infusions...) ne pas ingérer de sucre, et continuer à être actif. Il ne faut pas rester au lit pour fabriquer de la masse musculaire. Et il faut vérifier sa tension artérielle.

Certains professionnels de santé et/ou scientifiques expliquent que le jeûne n'a aucune vertu et pourrait même être dangereux car l'organisme puise dans ses réserves et que le système immunitaire peut-être défaillant. Que pourriez-vous leur répondre ?

Que cela peut être vrai chez les personnes qui sont en carence, qui ont des troubles du comportement alimentaire, mais que en pratique on constate que cela est bénéfique. Que c'est l'inverse qui se produit et qu'en aucun cas cela affaiblit le système immunitaire. D'ailleurs, les animaux, lorsqu'ils sont malades et ont de la fièvre ne jeûne-t-ils pas spontanément  pour justement ne pas se surcharger et renforcer leur système immunitaire ? C'est au contraire la surcharge métabolique qui est responsable d'une surchauffe du système immunitaire, comme celle que l'on appelle l'inflammation de bas grade et qui est préjudiciable pour de nombreuses pathologies : allergiques, infectieuses, auto-immunes, cardiovasculaires... etc.

Que pensez-vous des structures en vogue qui proposent des randonnées durant lesquelles les participants pratiquent le jeûne ?

Je pense que c'est très bien. Attention toutefois : est adapté au jeûnes dits de « bien être », mais que pour un jeûne dit « thérapeutique » (pour perdre du poids par exemple), il faut être encadré par des médecins.  

Ex-Fralibs : le pari du tilleul des Baronnies

Après la reprise en Scop de leur entreprise il y a un an, sous le nom de SCOP-TI (comme Thés et Infusions), la vingtaine de coopérateurs des ex-Fralibs relancent cet été la production historique du tilleul des Baronnies Provençales. Objectif : relocaliser la cueillette et le séchage, en bio, pour redonner du sens à leur activité et permettre la création d’emplois locaux, en plus de ceux de Géménos (13), siège de la coopérative. Reportage à Buis-les-Baronnies, en Drôme Provençale, dans le numéro d'été de Provence Durable. Et ci-dessous l'interview d'un des membres de la coopérative.

"Notre plus grand objet de satisfaction est le nombre de vies sauvées" Paul Watson

C'est un berger des mers, connu comme le loup blanc par les braconniers du monde entier. Depuis trente-huit ans, le capitaine Paul Watson sillonne les océans de la planète pour sauver les créatures marines. Actuellement placé sur la notice rouge d'Interpol sur demande des autorités japonaises, il est critiqué par ses détracteurs pour ses méthodes jugées agressives. Mais contre vents et marées judiciaires, le fondateur de Sea Shepherd Conservation Society, militant insatiable, poursuit son combat.

Exilé en France, nous l'avons rencontré à La Rochelle, où il était invité par la fondation Léa Nature à donner une conférence sur le thème "Océan mon amour". Nous l'avons interrogé pour savoir comment les actions de Sea Shepherd permettent de conserver les océans et pour connaitre leurs résultats en matière de sauvegarde de la biodiversité marine.

Retrouvez l'extrait sonore de cette rencontre ci-dessous et l'intégralité de cette interview dans notre numéro d'été consacré à la mer et aux océans.